- 594–657
- 牛頭法融
- Niútóu Fǎróng
- Gozu Hōyū
Disciple du quatrième patriarche, DaoxinDayi Daoxin (580–651), disciple de Jianzhi Sengcan.le quatrième patriarche chinois du chán, NiutouNiutou Farong (594–657), disciple de Dayi Daoxin. est le fondateur de l’école Tête de Buffle, populaire dans le nord de la Chine pendant quelques générations.
Le maître de dhyana Fa-jong (582-657), de son nom de famille Wei, était originaire de Yen-ling dans la préfecture de XiyunHuangbo Xiyun (?–850?), disciple de Baizhang Huaihai.. À l'âge de dix-neuf ans, il avait déjà étudié et pénétré à fond les classiques confucéens et les textes historiques. Alors qu'il étudiait le long soûtra de la Prajnâparamita, il eut la compréhension de la vacuité véritable. Un jour, il dit soudain en soupirant : « Les livres confucéens n'exposent pas la doctrine suprême, seule la claire vision donnée par la Prajna peut nous faire voguer hors de ce monde ». Après quoi, il mena une vie d'anachorète sur le mont Mao, où il devint moine bouddhiste. Il se rendit ensuite au mont Tête de buffle (Nieou-t'eou), et résida dans une grotte au pied d'une falaise située au Nord du temple Yeou-hi. On pouvait y voir l'étrange spectacle des oiseaux venant lui offrir des fleurs.
"Soyez sans point de vue, pas même celui d'être un homme"
La grande Voie, Vide profond, immensité silencieuse, obscure et sublime, échappe à la connaissance de l'esprit et est inexprimable par les paroles. Et voici, à présent, deux personnes exposant la vraie réalité, le maitre Jou-li "Entré dans le Principe" et le disciple surnommé Yuan-men "Porte causale", Maitre Jou-li, plongé dans la grande immensité silencieuse, ne disait mot, lorsque soudain Yuan-men se dressa sur ses pieds et lui demanda : « Qu'est-ce dont que l'esprit ? En quoi consiste l'apaisement de l'esprit ?
- Vous n'avez nu besoin de poser l'esprit, encore moins de le contraindre à s'apaiser; en cela consiste l'apaisement.
- S'il n'y a pas d'esprit, comment connaitre la Voie ?
- La Voie n'est pas une chose à laquelle on puisse penser, comment concernerait-elle l'esprit ?
- Si l'on ne peut y penser, comment la garder constamment présente ?
- Penser, c'est donner existence à l'esprit. Donner existence à l'esprit, c'est tourner le dos à la Voie. Si l'on ne pense pas, l'on est sans esprit. Sans esprit, l'on demeure dans la Voie véritable.
- Les êtres vivants ont-ils un esprit ou non ?
- Considérer que les êtres vivants ont un esprit, c'est être dans la vue inversée. C'est uniquement parce qu'un esprit est posé au sein du vide d'esprit, que les pensées fausses apparaissent.
- Qu'est-ce donc le vide d'esprit ?
- Être sans esprit, c'est être vide d'objet. Le vide d'objet correspond à la nature vierge, laquelle n'est autre que la grande Voie.
- Comment éliminer les pensées fausses des êtres ?
- Posséder les notions de pensées fausses et d'élimination de ces pensées, c'est n'avoir toujours pas abandonné ces pensées fausses.
- Peut-on, sans les éliminer, être en union avec le principe de la Voie ?
- Parler d'être en union ou pas, c'est n'avoir toujours pas abandonné les pensées fausses.
- Que dois-je faire ?
- Rien. C'est cela. »
Yuan-men se leva et demanda : « Comment peut-on marcher, rester debout, assis ou couché, sans conserver la notion d'un corps ?
- Il vous suffit de marcher, de rester debout, assis ou couché, pourquoi poser la notion d'un corps ?
- Mais comment peut-on réfléchir sur le juste principe sans poser cette notion ?
- Tant que l'on s'accroche à l'existence d'un esprit, ce dernier existe même en l'absence de réflexions. Mais si l'on comprend ce qu'est l'affranchissement de l'esprit (wou-sin), il y a affranchissement de l'esprit même lorsque les réflexions apparaissent. Pourquoi ? Parce qu'il en est de même que pour le maître de dhyana assis dans le calme et laissant les pensées apparaître, ou le vent violent soufflant de toutes parts sans un esprit. »
Maître
Dayi DaoxinDayi Daoxin (580–651), disciple de Jianzhi Sengcan.le quatrième patriarche chinois du chán
Source
Marinette Bruno, Patrick Carré, Paul Demiéville, Catherine Despeux, Collectif, Le Tch'an (zen) : Racines et floraisons, 2001, ISBN 2-86681-104-6.